10/05/2014

Après une nuit très humide, sous une pluie forte et battante, la journée est à l'identique, le soleil ne daignant pas montrer le bout de son nez.

N'ayant pas eu le courage, dans de telles conditions, d'aller en annexe au marché, nous faisons juste quelques emplettes de première nécessité à la supérette voisine.

Début des divers rangements tels qu'annexe (une fois nettoyée et démontée), moteur d'annexe, vêtements (pour ces derniers par exemple, il y a plusieurs tas : ceux d'été jusqu'au départ du bateau, ceux d'été pour les deux semaines suivantes, ceux plutôt d'hiver pour les deux mois et demi en Amérique du Sud, ceux que nous laisserons sur le bateau et ceux qui partent en frêt aérien pour la France, pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué !) sans parler de tout le reste, voilà qui va nous occuper un certain temps.

11/05/2014

Le ciel est encore très gris aujourd'hui, avec des pluies intermittentes du matin au soir. Nous continuons les opérations de tri et stockage.

Gilles et Alex viennent dans l'après-midi et la transmission d'infos / réponse aux questions se poursuit.

Le capitaine discute avec un homologue, fatigué par le Chicungunyia, dont le voilier est basé à Bourg sur Gironde et connaissant Jacques, un ami de ses parents ayant son bateau dans le même port, le monde est petit.

12/05/2014

Lessive à la main et étendage sur le pont du bateau. Un gros grain, puis un autre retardent le séchage et la matinée est très sombre.

La capitaine en second en profite pour aller, entre deux averses, à son rendez-vous chez le dentiste (chacun son tour) et espère à son retour que les 2 « réparations provisoires » tiendront jusqu'au retour en métropole.

Gilles et Guy, son ami équipier ramènent le BIB récupéré à Pointe-à-Pitre dans sa boîte toute neuve (250 euros l'emballage, tout de même !).

Longue conversation avec un voisin de ponton : 3 navigateurs trentenaires français, partis pour un périple de 16 mois, pendant lequel ils ont notamment passé le Canal de Panama, été à Tahiti, puis doublé le Cap Horn, remonté toute l'Amérique du sud en passant par l'Argentine et le Brésil et repartent pour New York avant leur retour en France. Bien équipés, bien préparés, mais un peu aventuriers tout de même. Commentaire qui nous vient à l'esprit : 3 hommes à bord dans un espace réduit pendant 16 mois : ils ont intérêt à bien se connaître !

A 20 H 45, la voiture de location réservée à un nouveau loueur, est récupérée devant la marina, pour un tarif moindre que les précédentes, la durée étant plus longue (et la femme de Cédric, notre contrôleur de gréement, elle aussi loueuse de son état, n'ayant pas de véhicule disponible).

13/05/2014

La matinée est consacrée, en plus de quelques denrées alimentaires, à l'achat d'une grande valise pour les affaires que nous renvoyons en France.

Lessives machine dans l'après-midi tandis que le capitaine continue les échanges et mises au point avec Gilles et Guy. Loïc, le dernier équipier de la transat retour nous rejoint au moment de partager l'apéritif.

14/05/2014

Suite rangement, bricolage et préparation de Lilovan.

Une fois les achats de nourritures et boissons effectués, les équipiers viennent décharger les courses (l'eau, ce sera pour demain) et là, grosse question, la même qu'aux Canaries, avant le départ de la transat aller : comment caser tout ça ? Mission quasi impossible... L'opération prendra du temps.

Dernière soirée et dernière nuit sur le bateau.

15/05/2014

Pleine lune, nous sommes levés avant 6 H 00 après une petite nuit, changement important oblige.

Dernier jour, nous dormons ce soir dans l'appartement loué alors que 3 des 4 équipiers passeront la nuit sur Lilovan, histoire de s'habituer, l'amarinage, ce sera pour un peu plus tard.

Vers 9 H 00, la moitié de l'équipage est là pour amener : eau, bidons d'essence et affaires personnelles qui vont rejoindre le bateau.

Le capitaine (encore pour aujourd'hui) est monté au mât et l'axe de retenue de la 1ère barre de flèche bâbord, remplacé.

Nous transvasons nos valises, sacs à dos et autres effets dans la voiture de location et vers 15 H 00 déménageons le tout jusqu'à notre studio de Saint Félix puis revenons au bateau. A 19 H 30, nous allons dîner tous ensemble (y compris la femme et la fille de Gilles) à la pizzeria du port (mais sans Loïc, qui passe la soirée avec son père puis des potes).

Retour au studio vers 22 H 00 après avoir constaté que le capitaine avait oublié la clé de la voiture sur la portière. Un commentaire ? Pas de conséquence, fort heureusement.

La télé ne fonctionne pas, tant pis ; de toute façon, depuis le mois d'août dernier, c'est exceptionnel que nous y ayons accès et à vrai dire, ça ne nous manque pas du tout.

Bouchons d'oreille aux environs de minuit, pas tant pour les grenouilles et les coqs (oui, oui, même en pleine nuit !) que pour les 3 chiens qui aboient sans discontinuer.

16/05/2014

Sommeil agité : pluie, gouttières dans l'appartement, mais aussi cauchemars se sont invités cette nuit, le bateau était notre maison depuis 9 mois, une page se tourne (même si d'autres restent à écrire).

C'est dur bien sûr pour le capitaine qui perd provisoirement aujourd'hui son titre et son voilier.

Réveillés tôt, nous traînons un peu et nous retrouvons coincés dans les embouteillages habituels de Pointe-à-Pitre. La journée s'annonce morose et il fait très gris. Nous appelons le port de Gruissan qui sera finalement en mesure de nous confirmer fin de semaine prochaine si nous aurons une place de port au 1er Juillet prochain ou pas, affaire à suivre.

Nous arrivons au bateau un peu avant 9 H 00, le départ officiel de Lilovan est annoncé depuis plusieurs jours pour 10 H 06 précises.

Derniers réglages et c'est le passage de relais, le moment de saluer les partants et de leur souhaiter bon vent avec un petit pincement au cœur, en compagnie de quelques membres de la famille et amis de Gilles, le nouveau capitaine, il est 10 H 40.

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Le bateau parti, nous allons payer le port, après avoir pris congé de Pascale, la femme de Gilles et de leur fille.

Cela fait 6 mois jour pour jour, que Lilovan a quitté les Iles Canaries pour traverser l'Océan Atlantique en direction des Antilles, soit le 16 Novembre 2013, avec Didier, Jean-Noël et José à bord et une arrivée à Fort-de-France en Martinique, le 12 Décembre suivant.

La traversée retour démarre donc le 16 Mai 2014 avec Gilles, Guy, Alex et Loïc à bord. Nous espérons vraiment que les conditions en mer ne seront pas trop mauvaises et que les deux néo-navigateurs « s'acclimateront » très vite. Pas d'inquiétude pour les deux « loups de mer » que sont Gilles et Guy.

Le loueur de voiture nous renvoie par e-mail le contrat malencontreusement jeté voilà un jour ou deux par celui qui était encore le capitaine.

Nous poussons jusqu'à Saint François un peu plus tard dans la journée et avons la chance d'apercevoir Lilovan au loin, vers Marie Galante, génois à moitié enroulé. En effet, ayant reçu SMS et e-mail de de Gilles avec position précise, nous savions où voir le voilier et nous appelons même le nouveau capitaine pour lui faire un petit coucou à distance et lui souhaiter une dernière fois bon vent.

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Marché en début de soirée au Gosier mais nous ne goûterons pas la confiture aux fruits de la passion élaborée par une mamie antillaise, Monsieur l'ayant oubliée après l'avoir payée...Il a une excuse aujourd'hui : le départ de son bateau, sans lui aux commandes, l'a vraiment perturbé. Il lui faudra certainement plusieurs jours pour arriver à passer à autre chose... Comme le dit l'ex- capitaine, selon Platon ou Aristote : « il y a 3 sortes d'hommes : les morts, les vivants et ceux qui vont sur la mer. » :-)